Inde – Jours 1 et 2 (ambassade et Faridabad)

By 17 janvier 2018Inde
Article dans le cadre du dossier spécial « Inde ».

Plus d’infos : cf. https://jegeremavie.be/pendant-trois-mois-revis-avec-moi-mon-voyage-en-inde/

Il y a 10 ans, je suis partie 3 mois en Inde.

Pour en savoir plus sur ma mission, consulte cet article : https://jegeremavie.be/inde-infos-generales-a-propos-du-pays-et-de-ma-mission/

 

Voici un extrait de mon blog de l’époque.

En dessous, tu trouveras mon analyse à l’heure actuelle (les leçons que j’en tire, 10 ans plus tard, pour améliorer ma vie).

 

P.-S. : la première semaine, j’avais écrit un article par jour. Ensuite, j’étais passée à un article par semaine. Je te présenterai la première semaine en plusieurs fois, pour que tu n’aies pas trop à lire d’un coup. J’ajouterai bientôt le podcast.

 

 

JOUR 1 – BIEN ARRIVÉE !

09/01/2008

Voilà, ça y est, je suis à New Delhi ! Waw, on m’avait prévenue, mais c’est vrai que c’est un incroyable choc culturel ! Il va me falloir un peu de temps pour m’habituer ! Là, je suis encore un peu sous le choc, mais ça devrait aller. J’ai déjà pris des photos et filmé un peu. Je vous mets ça sur le blog dès que possible, avec davantage de commentaires bien sûr ! À tout bientôt !

 

JOUR 1 – AMBASSADE

09/01/2008

Let’s go pour le récit de mes premières impressions !

Mardi 8 janvier : départ pour Delhi. N’ai dormi que 2h la nuit avant de prendre l’avion (je devais scanner des documents importants, régler encore certaines choses,…). Adieux à ma famille. Puis voilà, je me retrouve toute seule… Cette fois-ci, faut se lancer ! Suis quasi la seule Occidentale à bord de ce magnifique avion. Retard dans le décollage (il y a des valises à bord qui n’appartiennent à aucun passager… Vite, virez-moi ça, je ne veux pas d’une bombe !). Grand luxe : j’ai plein de place et me régale en visionnant des films, écoutant de la musique,… Vive Jet Airways ! Je ne dors qu’une petite heure. Arrivée à Delhi. Contrairement à ce que David disait (« surtout, prends un gros pull, il fait glacial ! ! ! »), il fait 17°C à minuit. Gros stress : le visa (car j’ai un visa touristique alors que ma valise contient 46 clés USB, des brochures, des documents professionnels) et la valise (la récupérer entière directement et non pas après quelques jours, comme David) ! Ouf, aucun problème (même si j’ai eu peur pour la valise et l’ai attendue 1h, les yeux rivés sur le tapis… Heureusement, je n’étais pas la seule dans le cas). Je change un peu d’argent (y a pas moyen de commander de roupies en Belgique : aucun billet ne peut quitter le territoire indien). Il est 1h du mat’. Prochaine étape : trouver mon chauffeur… Waw, y a une foule dingue avec plein de pancartes. Je regarde partout… Rien à mon nom… (!!!) Bon, je repasse (sous le regard de tout le monde et des cris pour que je vienne avec eux… Manifestement, on apprécie les blondes ici). Toujours rien. Aaaah ! Bon, on se calme. Finalement, un Indien me dit que certaines personnes attendent aussi à l’extérieur de l’aéroport. Youpi ! Trouvé ! Mais c’est déjà une toute autre ambiance à la sortie… Suis tellement sous le choc et prise par un sentiment d’insécurité que je range mon appareil photo et ma caméra. Des mendiants, des gens louches et sales, … on passe (à presque 2h du mat’) dans des couloirs désertiques et sales, presque des coupe-gorge. Arrivée dans le parking sombre (je ne lâche pas d’une semelle mon chauffeur !). En route pour le Bed & Breakfast… Conduite sportive, avec plein de klaxons, sans ceinture de sécurité (hein? Seatbelt? Pourquoi faire? Ce sont les champions de la sécurité ici, voyons !). Ai cru plusieurs fois qu’on aurait un accident (vive les queues de poisson, les trous, les bosses,…). Welcome in India! Arrivée vers 2h30 à mon logement. Suis très bien accueillie par le proprio, son fils et l’un des domestiques. Arrive ensuite David (qui est parti dans le cadre du même programme que moi, mais pour une autre entreprise… Il est arrivé dans mon logement suite à mes conseils). On parle un peu. Je range mes affaires. Suis au lit vers 4h15.

Mercredi 9 janvier 2007 : Lever à 10h (au lieu des 9h prévues). Je découvre mon univers sous le soleil, en montant sur la terrasse… Waw ! Premier petit choc quand même. Les ordures dans la rue, les vieux bâtiments, les chiens errants, la saleté,… J’ai l’impression d’être dans un pays en guerre et je me dis « mais qu’est-ce que je fous là? Je suis folle ! Dire que je vais rester 3 mois ! ». En plus, la veille, David m’a annoncé que finalement il partait la semaine prochaine (pour d’autres villes avant de retourner en Belgique). Premier petit-déjeuner. Je rencontre Purnima (la dame qui m’héberge) et sa fille (j’avais déjà vu le mari – Ajay- et le fils hier soir). Je fais aussi la connaissance d’un couple d’Australiens très sympa qui logent ici pour quelques jours. Vraiment chouette. David a un rendez-vous, Purnima lui prête une veste. À peine le temps de dire ouf : David m’emmène en rue (vive les regards posés sur moi ! Assez inquiétant !), se propose de négocier un rickshaw jusqu’à l’ambassade pour moi. Voilà, bam, avant d’avoir le temps de réaliser, je me retrouve à l’arrière d’un engin du diable… Fort impressionnant vu qu’il n’y a pas de fenêtre dans ce véhicule à trois roues qui se faufile partout et multiplie les queues de poisson. Grande impression de proximité avec tous les chauffards, mendiants, etc. qui m’entourent. Je ne sais même pas trop où je vais. Ça dure un petit temps. Puis bam, le rickshaw s’arrête. On est soi-disant dans la bonne rue. À moi de trouver l’ambassade (après avoir été prise en photo par un Indien intrigué). La galère commence. Je me perds un peu (j’ai interrogé des policiers qui m’ont mal indiqué). Quelle joie en voyant le drapeau tricolore de ma chère petite Belgique (grâce aux indications du garde d’une autre ambassade) ! Je rencontre Monsieur Muller, l’attaché économique de l’Awex, ainsi que ses assistantes. Très sympa. Il propose d’aller tous ensemble manger au restaurant. On y va avec le chauffeur de l’ambassade. Sommes rejoints par ceux travaillant pour la FIT (l’équivalent flamand). Vraiment génial comme ambiance. Je me détends un peu. Retour à l’ambassade. Je découvre mon bureau. Quelques heures plus tard, le manque de sommeil, le décalage horaire et le stress ont raison de moi : à 17h, je demande à m’en aller. Monsieur Muller demande au chauffeur de me déposer dans une banque (pour avoir un peu de liquide), puis à un rickshaw pour rentrer. Rickshaw du retour… Je me détends… Début de soirée, l’air est agréable, je me dis que finalement ça va aller. Puis nous sommes pris dans les embouteillages. Il fait de + en + noir. Des mendiants estropiés m’approchent aux feux rouges, mettent leurs mains sur mes cuisses (facile vu que le rickshaw est sans fenêtres)… Nous passons dans des lieux très animés et mal fréquentés. Ça devient inquiétant. Mon chauffeur est perdu. Désolé : je ne peux pas l’aider, tout se ressemble et il n’y a aucun nom de rue ! Il demande son chemin, personne ne sait où se trouve ma fameuse rue. David me sonne, inquiet de ne pas me voir rentrer depuis des heures (mais je n’entends rien avec tous les klaxons). Finalement, mon foutu chauffeur me plante là, en pleine rue sombre, grouillante de gens. La grille est fermée, il paraît que le bloc « I-9 » est là derrière… Génial… Qu’est-ce que je fais? Attendre qu’un rickshaw s’arrête me semble encore plus dangereux… Alors ; je m’écarte de la foule et avance pas très rassurée dans le noir… En effet, ouf, je vois rapidement la pancarte… Quelques mètres quand même dans des rues sombres… Finalement, ouf, je rentre à bon port… Au secours ! J’ai eu une de ces peurs ! Je retrouve David à l’intérieur, jouant aux échecs avec le fils de la maison. Je raconte mes aventures. Suis fort émue, prise par la fatigue, la récente frayeur. Mais ouf, c’est fini now. Excellent souper. Puis on fête l’anniversaire de David (avec un jour d’avance). Merveilleux moment où on rit tous beaucoup. C’est vraiment une famille géniale ! Cette petite fête m’a fait du bien au moral ! Fin de soirée : je vais sur Internet depuis la chambre de David car Internet n’est pas encore accessible dans la mienne (c’est prévu pour dans quelques jours). Soudain, panne d’électricité. Je monte dans ma chambre à la lueur d’une bougie… Ça aussi c’est typique en Inde !

P.-S. : regardez les photos ci-dessous (il y en a plus qu’hier car la coupure de courant est tombée en plein durant mes téléchargements/enregistrements)

 

30 ans de David

L’ambassade de Belgique à New Delhi

Ma chambre à New Delhi

Le hall d’arrivée à l’aéroport de New Delhi. Mais où est mon chauffeur ?

 

JOUR 2 – FARIDABAD : PREMIER RDV

10/01/2008

Lever. L’électricité est revenue durant la nuit (je le sais car je me suis levée plusieurs fois : depuis mon arrivée, j’ai déjà des problèmes gastriques…yeah !). Merveilleux : il n’y a plus d’eau. Je me lave à la bouteille (brrr, c’est froid !). Encore mieux : le W.-C. est bouché. Yes, cette deuxième journée commence bien ! Petit-déj. Les proprios vont tout réparer durant mon absence. À 12h30, mon chauffeur arrive. Today, je quitte New Delhi : je vais à Faridabad, à 25 km d’ici, pour mon 1er rendez-vous avec une société. Sur le chemin, mon GSM indien me téléphone plusieurs fois (vous connaissez les pubs non désirées, en hindi ? J’ai à chaque fois l’impression que c’est quelqu’un, j’essaie de comprendre J). Le chauffeur me pose pas mal de questions. Voyage qui dure 1h (oui… Quand je disais qu’on faisait en moyenne du 20 km/h !). Paysage encore plus misérable. Des bidonvilles, des villages poussiéreux, des décharges à ciel ouvert,… Je croise quelques vaches sacrées. Arrivée à destination. Mon chauffeur va m’attendre (aucune idée du temps nécessaire, je lui dis environ 1h-2h… Je l’appellerai quand j’aurai fini). Excellent rendez-vous… Finalement je sortirai du bâtiment 5h plus tard !!! Oui !!! Épuisée, mais contente ! Entreprise très professionnelle, gens sympa, produits complémentaires… Non, je sens que je vais les recontacter ! Durant ces 5h, j’ai découvert les véritables toilettes indiennes (prise d’une douleur et d’un besoin urgent, j’ai eu la chance de me retrouver sans aucun papier…yeah ! Welcome in India! Heureusement qu’il y avait de fins papiers pour s’essuyer le visage… et une poubelle…), le dîner entre collègues (ils m’ont invitée, à 15h30 !!! à manger… avec tous les grands patrons, avec mes doigts – de la main droite, bien sûr… ai quand même essayé de faire gaffe – suis déjà assez malade ainsi – et j’ai insisté pour avoir une bouteille d’eau… ce verre d’eau ne m’attirait guère..). Ensuite, après ce break de 20 min très sympa, poursuite de la réunion. Puis visite de l’entreprise (on m’a présentée fièrement à tout le monde, interrompu une formation à une vingtaine de nouveaux employés…applaudissements nourris). J’étais vraiment une petite princesse là ! D’ailleurs, ils avaient mis en grand sur toutes les portes qu’ils m’accueillaient (et que je venais de telle société, de Belgique). Je suis sortie un peu plus tard les bras chargés de cadeaux et de brochures :-). Ensuite, retour au Bed & Breakfast. Sans problème. Embouteillages, mais c’est plus rassurant en voiture. N’empêche, nous nous sommes encore perdus, impossible de retrouver la rue, personne ne connaissait, on a tourné en rond (ça va être comme ça tous les soirs???). Souper à l’aise. L’eau et le W.-C. sont remis en état (un plombier passera quand même demain : il y a un truc de cassé, du coup, l’eau fuit). Internet. Dodo. Ah ! Que me réserve la journée de demain? J’ai déjà l’impression d’être ici depuis longtemps avec toutes ces émotions et choses nouvelles ! P.-S. : c’est fou de passer toutes les nuits devant la buanderie où dort l’un des employés, par terre, sur le sol froid…

 

Mon analyse, 10 ans plus tard

 

J’avais oublié que j’avais si peu dormi juste avant de prendre l’avion et que j’avais tout de suite eu un rythme soutenu. Par contre, ces deux premières journées sont celles dont je me souviens le plus. Ce fut mon premier contact avec le pays et le choc fut assez brutal.

Avec du recul, je me dis notamment que j’aurais dû préparer ma valise beaucoup plus à l’avance. Cela m’aurait permis de dormir davantage. D’autant plus que je sais que la fatigue me rend très sensible, à fleur de peau. Ce n’était donc pas l’idéal pour affronter tant de nouveautés et de bouleversements. Cela ne m’étonne pas que je sois tout de suite tombée malade et que mon ressenti ait été exacerbé !

 

J’aurais aussi dû prendre un visa commercial : c’était tout à fait possible. J’avais voulu m’éviter des formalités administratives, mais finalement cela m’avait causé des soucis à plusieurs reprises durant mon voyage. Conclusion intéressante pour maintenant : mieux vaut parfois un peu de paperasserie ; cela permet ensuite d’être plus serein (et je confirme : depuis que je remets de l’ordre dans la gestion de mon agence de traduction, je me sens moins stressée).

 

Ce qui me frappe aussi en relisant cet article, c’est que j’ai tout de suite vécu beaucoup de choses. Ce fut très bouleversant et j’ai plusieurs fois eu très peur. Ce qui m’a permis de surmonter tout cela, c’est de ne pas me poser trop de questions : j’ai foncé, me disant que je n’avais pas le choix. C’est ce que je vais faire actuellement : affronter mes peurs et mes doutes.

 

Pour terminer, ce que je ne dis pas dans cet article, et qui est pourtant un autre souvenir marquant, c’est que lors de mon passage à l’ambassade, j’avais pu brièvement consulter mes e-mails et j’avais fondu en larmes : j’avais reçu un e-mail surprise de mon père. Il m’envoyait la photocopie d’un magnifique poème (souhaitant en gros un bon voyage dans la vie, malgré les épreuves). Mon père avait signé « Papa » et ajouté pudiquement « Ce que je n’ai pu te dire au départ ! Bonne chance, que Dieu te protège ! ». Cela m’avait beaucoup touchée car mon père était très distant et ne parlait jamais de ses sentiments. C’est la première fois de ma vie que je recevais une telle preuve d’amour de sa part. Mon blog fut à l’époque le moyen de nous rapprocher : mon père m’avait envoyé beaucoup d’e-mails et avait laissé des commentaires sur le blog (c’est fou comme il faut parfois partir à des milliers de kilomètres pour se rapprocher de quelqu’un). À son décès, il y a un an, ce poème et ce petit mot ont pris un autre sens. C’est comme s’il s’adressait à nouveau à moi et me disait que tout irait bien, que j’aurais la force de poursuivre ma route. J’ai d’ailleurs imprimé le poème et la phrase d’accompagnement. Ils se trouvent désormais à côté de mon bureau et je les relis de temps en temps pour me donner courage. Mon père n’aura pas connu le blog « Je gère ma vie » et celui de mon agence, créés après son décès. Mais aujourd’hui, hasard du destin, c’est de ma mère que je me rapproche grâce à mes articles et mes vidéos. C’est marrant comme les choses se reproduisent. Dans aucun des deux cas ce n’était le but premier, mais c’est un très beau cadeau surprise. J

 

 

 

 

 

Laura Fontaine de Ghélin

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